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Union Nationale FO des SP et PATS

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LA DSC EN COURS DE MUTATION Imprimer
Jeudi, 30 Juin 2011 21:37

Jean-Paul Kihl esquisse les contours de la future direction générale de la sécurité civile et des crises.

« La création d'une direction des sapeurs-pompiers répond à une volonté du président de la République de revaloriser le statut des sapeurs-pompiers et de Sdis (service départemental d'incendie et de secours) », déclare Jean-Paul Kihl, directeur de la sécurité civile, mardi 28 juin 2011 (AISG n°3148).

Il présentait, dans le cadre d'un petit déjeuner du HCFDC (Haut comité français pour la défense civile) organisé au Sénat, l'organigramme de la future DGSCC (direction générale de la sécurité civile et des crises) qui remplacera, en septembre 2011, l'actuelle direction de la sécurité civile du ministère de l'Intérieur. En plus de la direction des sapeurs-pompiers, la DGSCC comprendra deux sous-directions, l'une consacré aux moyens nationaux, et la seconde à la planification et à la gestion des risques. Cette dernière sera issue de l'actuelle DPPSN (direction de la prospective et de la planification de sécurité nationale) du ministère de l'Intérieur.

« Le cabinet du directeur général de la sécurité civile voit en outre sa compétence élargie à des missions de soutien » pour les questions de ressources humaines, financières et juridique, notamment, ajoute Jean-Paul Kihl. « L'inspection de la défense et de la sécurité civile se voit confirmée », tout comme la mission des relations internationales. Toutefois, « nous allons travailler de manière plus approfondie avec la direction de la coopération internationale [de la police nationale] afin que, dans deux ou trois ans, des sapeurs-pompiers soient eux attachés de sécurité intérieur dans les ambassades de France pour représenter le ministère de l'Intérieur, au même titre que les policiers et gendarmes à l'heure actuelle », souligne le directeur de la sécurité civile.

Dans un discours prononcé en mars dernier, Nicolas Sarkozy avait annoncé le rapprochement de la DSC et de la DPPSN. Le président de la République avait notamment estimé que la France avait « besoin d'une grande direction générale de la sécurité civile. Le découplage entre l'action opérationnelle et la planification a montré clairement ses limites » (AISG n°2804).

LA PLANIFICATION EST LE « POINT CENTRAL » DE LA NOUVELLE DIRECTION

La direction des sapeurs pompiers aura pour rôle de réunir et mettre à disposition « les informations utiles à la gestion locale et au pilotage national » des Sdis et définit notamment « la doctrine d'emploi des 250 000 sapeurs-pompiers civils et militaires », détaille Jean-Paul Kihl. La sous-direction des moyens nationaux aura pour sa part comme mission de soutenir les services nationaux et d'intervenir sur l'ensemble de l'Hexagone mais aussi dans le cadre d'actions internationales.

La sous-direction de la planification et de la gestion des crises aura pour objectif de « rechercher la synergie opérationnelle entre la préparation des crises, en amont des événements, et la gestion des crises lorsqu'elles surviennent », indique Jean-Paul Kihl. Selon lui, « la planification est le point central de la future direction générale. » La sous-direction sera ainsi principalement chargée d'analyser les risques, d'organiser les retours d'expérience et d'assurer la formation à la gestion des risques. En matière de gestion de crises, elle aura pour rôle de « faire face aux catastrophes ou aux interruptions de la vie nationale » et de « s'investir dans l'information et la sensibilisation des populations aux risques et menaces ». Le directeur indique que cette sous-direction « sera appelée à 'armer' la cellule de gestion de crise du ministère de l'Intérieur ».

RELATIONS AVEC LES OPÉRATEURS PRIVÉS

Interrogé sur les relations de la future direction avec les opérateurs privés, principalement ceux d'importance vitale, Jean-Paul Kihl déclare : « Nous avons vocation à travailler de plus en plus avec les grands opérateurs. Le rétablissement des réseaux de toutes sortes est par exemple une donnée majeure. Nous sommes en demande de moyens de la part des opérateurs. Nous sommes extrêmement ouverts à des expertises et des compétences extérieures. »

En matière de commandement de gestion de crise, « nous ne demandons pas à avoir la main pour tout type d'événement. Si la crise a une forte connotation 'ordre public', nous serons en appui de la police ou de la gendarmerie », indique Jean-Paul Kihl, qui insiste sur la gestion « pragmatique » du ministère de l'Intérieur. Il ajoute que « toutes les directions, et pas seulement au ministère de l'Intérieur, ont développé leur cellule de crise. Si la crise est gérée en interministériel, cela n'enlève pas la légitimité de ces structures. »